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C'est Juillet maintenant,

 

Les classes des écoles sont fermées, les cahiers également. Les murs de couloirs seront pour certains repeints à la rentrée. A la maison ce sont les travaux d'été ; peindre les huisseries, terminer l'entrée, bricoler un petit placard dans un grand tiroir de buffet,  reprendre le jardin malgré les fortes chaleurs ou pour l'aider en ces temps de fortes chaleurs. 

Tous les matins avant de partir pour la ville chacun de nous fait son tour de jardin pour y prendre, parfum, couleur, fraicheur, chacun à sa manière et son moment. 

Les salades plantées dans des pots sont arrosées plusieurs fois par jour. Un escargot en mange une régulièrement. Je vois ses traces en pointillés brillants tous les matins. Cela m'amuse un peu et me navre aussi parce que cette pauvre salade ne parvient pas à pousser. Je les mettrais bien dans la brouette pour les changer de place, pendant la nuit la bestiole n'aurait peut-être pas le temps de les retrouver...  Oui, je sais il y en a d'autres dans le jardin. C'est donc peine perdue pour elle en tous cas. 

Et puis il y a les lupins qui servent de casse croute à ces bestioles pas pressées mais goulues. 

Il y aussi plein de papillons qui volent dans notre jardin, autour de notre jardin, de plante en plante. Des papillons qui prennent le soleil sur les dalles du sol, sur la rambarde rose de la coursive, sur le clin gris de la maison, sur le banc sous le noyer. Je n'aime pas vraiment les insectes mais je m'y fait.

Il est loin le temps où je fuyais devant une araignée. Maintenant je la mets sous un verre coincée par un papier et sors la mettre dans le champ à côté. Nos enfants font de même. Avant je ne supportais pas qu'un papillon se pose sur moi, maintenant je peux l'accepter et le promener dans le jardin. Nous laissons pousser des orties pour les papillons mais ils mangent les feuilles des cassis et framboisiers. D'un sens c'est plus facile pour la récolte. 

Il y a les abeilles que nous essayons de protéger, d'attirer. Cette année peu de guêpes. Deux frelons passaient pendant un temps. Ils ont dû trouver une place ailleurs.

Un peu plus loin il y a le joli jardin de notre amie anglaise. De nouveaux propriétaires en font un jardin sans âme, sans fouillis, sans surabondance. C'est comme la vie ; le fouilli peut donner de l'âme. Je ne sais pas si les papillons y reviennent. Peu de plantes survivent à la main vengeuse de l'être humain sur la beauté sauvage de ce joli jardin. Les renardes nichent-elles encore juste à côté ? Un enfant sera-t-il un nouveau Robinson comme faisaient ses petits enfants sur une île sableuse au milieu du ru qui court en bas du jardin ? Enfin, je suis triste pour le jardin mais surtout je suis triste de ne plus voir cette amie anglaise aux yeux myosotis qui venait parfois faire de l'aquarelle à la maison.

Les choses changent, il faut l'admettre mais peut-on admettre la disparition de la beauté ?

 

 

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mai 2017

Oui, je sais : peu d'humeur entre temps ? non : pas assez de temps. Aujourd'hui oui !

 
Je vous copie un extrait de coup de gueule lu ce matin.
 
"J'aurais juste besoin d'une cessation progressive d'activité avec salaire total.
 
En effet, depuis quelques années, je vois mon entrain au travail diminuer de jour en jour en ayant malgré tout le même travail et le même nombre d'heures de présence à effectuer.
Alors, même si l'activité ne manque pas, c'est atrocement long de se dire que le meilleur de mon temps passe dans une activité inintéressante au possible.
 
Tandis qu'en cessation progressive d'activité je pourrais, faire un potager, entretenir le jardin, ranger le garage, préparer des vides greniers et autres, avec des amis qui en sont au même point que moi, ranger, nager, peindre, écrire et écouter l'herbe pousser. Cette dernière occupation étant assez difficile car elle demande une dose de concentration que je n'ai plus depuis le même nombre d'années que mon intérêt pour le travail décroit.
En l'occurrence, la cessation progressive d'activité ce serait plutôt une augmentation progressive d'activité. Tout cela dépend essentiellement du point de vue où l'on se trouve.
 
En plus de cet accroissement d'activité, ma santé serait meilleure, voire même bien meilleure, parce que je bougerais beaucoup plus au lieu de rester saucissonné devant un écran d'ordinateur dispendieux d'ondes toxiques et autres mauvaises nouvelles du monde, accumulant une couche de cellulite qui pourrait entamer ma bonne humeur. La Sécurité Sociale verrait donc son "trou" se refermer. Ce n'est pas que je coûte beaucoup à la sécurité sociale (si certains remboursaient ce qu'ils ont emprunté comme argent public je pourrais même être malade plus souvent sans scrupules ; mais bon ...)
 
Vous voyez donc cher ami qu'il y a plus à faire en rétrocédant son travail à celles et ceux qui n'en ont pas plutôt que se cramponner à une occupation dérisoire. En plus les celles et ceux qui n'en ont pas se verraient nantis d'une utilité sociale extraordinaire !
Je comprends bien que vous n'y soyez pour rien dans tout cela mais réfléchissez tout de même au fait que l'on nous tient sages sous la menace de perdre un emploi auquel nous ne tenons que pour ce qu'il nous rapporte à la fin du mois.
 
 
Alors que si tout le monde travaillait à temps partiel, nous aurions tous de quoi vivre, mais aussi plus de temps pour réfléchir. C'est là que le bât blesse. Si nous réfléchissions plus, nous ne consommerions pas forcément plus mais mieux et ce serait au détriment des grandes entreprises qui ne veulent pas offrir cette cessation progressive d'activité. Parce que ce sont ces mêmes grandes entreprises qui nous tiennent en nous disant : "si tu l'ouvres je te vire" (j'en connais quelque chose) ou aux autres "si tu l'ouvres je te supprime tes alloc"...
 
Comprenez donc bien, que cette situation est intenable pour tous. C'est pareil qu'être empoisonné par les pesticides de grandes entreprises de chimistes qui nous offrent des poches de chimio remboursées par la sécu ... Oui ben heureusement tout de même, puisque je paie la sécu et que les autres médicaments sont déremboursés. Mais je sors de mon sujet. J'y reviens :
 
Ouvrons grandes nos bouches et disons : JE VEUX LA CESSATION PROGRESSIVE D'ACTIVITE pour que d'autres puissent être remis dans le circuit. Par ce que ZUT ! je veux entendre l'herbe pousser chez moi avant d'être devenu sourd.
Help, i want somebody help !!
 

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Novembre 2016

 

La lune se cache au ciel comme un fil de soie dans l’atelier.

 

C’est l’image que je garderai de ce matin. Une image parmi d’autres

Ce que j’ai vu tout d’abord

l’orange sur la table

Ce que j’ai su tout d’abord

les oiseaux au jardin

Ce que je retiens ailleurs

l’odeur de pain grillé comme un millier de souvenirs.

 

Pour le reste ;

l’idée qu’il fera beau

 

Ne pas s’enquérir du temps        il sera sans nous.

 

D’ici je vois trois troncs d’arbres sur fond de ciel bleu

Je sais qu’il fait frais

 

C’est un jour d’automne avec vue sur la mer.

 

Septembre 2016

 

 

C’est dimanche

C’était dimanche.

 

 

Depuis dimanche je me rends compte que je parle toute seule ou que je parle avec l’absent.

 

Le fils absent.  Celui qui n’est pas loin.

En tous cas pas loin pour celles dont le fils est de l’autre côté d’une mer.

Celui qui est trop loin pour moi.  Celui qui est là d’où je suis empêchée de le regarder le matin passer la tête par l’entrebâillement de la porte de la cuisine, se rendre aux toilettes, revenir dans la cuisine, avec son air souriant et mal réveillé. Aller à l’évier y passer les mains sous l’eau, chercher le lait, dire deux ou trois mots.

Celui que je ne vois pas se servir de lait dans un grand bol. Ce bol même dans le quel par inadvertance, enfant il avait mis les deux coudes pour mettre ses mains sous son menton.

 

Blanc du lait dans le blanc du bol.

 

 

C’est lundi

Je regarde le paysage en haut de la route. Il fait doux. Le soleil se lève, mon cœur se serre. Et je ne vois pas pourquoi retenir cette impression.

Ce matin j’ai regardé la peluche restée sur le lit.

 

 

C’est mardi, le brouillard coupe l’idée de paysage en trois. Au-dessus le ciel est rose orangé, avec le clocher d’une église qui se découpe en noir à contrejour. Puis, une partie cotonneuse et douce, fraiche et éphémère. En dessous, les feux arrière des autos, le bas d’un camion et les balles de foin qu’il transporte.

De son côté le soleil se lève sur la ville, les bruits de l’usine de bière montent aux fenêtres, les camions y entrent pour prendre sous leurs bâches les fûts argentés.

 

 

C’est mercredi il fait gris.

La pluie a reverdi l’herbe du jardin.

J’ai parlé à la peluche comme il faisait enfant. De l’autre côté de l’oreiller une autre peluche.

Peu m’importe les mauvaises nouvelles j’attends juste les siennes comme toutes les mères en attente. Je regarderai le soleil passer dans les feuilles des bouleaux. J’écouterai les oiseaux dans les arbres en attente d’automne.

 

C’est jeudi.

J’aime l’automne pour les couleurs, pour les greniers garnis, pour les récoltes, pour les prunes, le raisin et les poires. Pour les citrouilles et les marrons et le parfum de cannelle des vins chauds.

Je n’aime pas l’automne saison des départs plus ou moins irrémédiables ; les hirondelles se regroupent et s’en vont, les parents retournent travailler,  les enfants vont en classe, s’assoir et se séparer du dehors, y perdre leurs sens et leurs intuitions premières. Je n’ai jamais aimé l’école. Un déchirement, la séparation d’avec la nature, le bruit des chaises, l’odeur des couloirs et du papier.

Lui ne voulait pas prendre part aux activités de la classe attendant son temps… Maintenant il aimerait donner son savoir, apprendre aux enfants les qualités qui sont les leurs et l’humanité souriante.

 

Ce matin le firmament était comme deux arcs en ciels qui se répondaient, à l’inverse et le soleil au milieu tel un bonbon acidulé.

 

Il y a quelques années, je prenais le thé sous le noyer le soir et voyais où son frère regardait, en pensant que chaque soir lorsque nous étions ensemble à parler, chaque soir son regard fuyait lointain entre ses cils dans l’ombre des arbres, à contre-jour avec les globes blancs des pissenlits. J’ai longtemps parcouru le jardin en pensant à ce fils parti dans les paysages escarpés des montagnes.

Il revient parfois par le haut du village et je souris.

 

 

C’est difficile.

Il reste un fils, le plus jeune, celui qui part déjà régulièrement en semaine.

 

J’absente mes pensées en attendant les retours.

 

Et le bruit de leurs pas si rapide en enfance, plus absent en adolescence devient silencieux l’âge adulte venu. Je reste à attendre.

 

Sommes-nous toutes mères de marins ?

 

Mais j’aime cette attente parce qu’elle annonce le retour des rires, des discussions, des bruits, des parfums de chacun et des petits mystères de tous. Et j’accepte maintenant ces départs, cette petite souffrance presqu’agréable comme un gros rhume qui nous couche dans le confort d’un lit … en attente du meilleur.

 

Sur la table demeurent leurs bols et le lait.

 

 

 

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Je reviens …

en Mai fais ce qu'il te plait.

Je reviens.

 

 

Ce n’est pas que je n’ai rien eu à écrire, mais j’ai eu des difficultés à le faire.

 

Depuis février quelques fêtes ; la Saint Valentin, Saint Parfait,  …

 

La première très commerciale, la seconde passant tout à fait inaperçue.

 

Et oui, la Saint Valentin avec ses sous vêtements  rouge, ses bas résilles, ses repas copieux qui se terminent en prise de conscience ou d’inconscience , ou la Saint Valentin avec l’ennui, la télécommande de la télévision en panne, le four qui saute et autres mesquineries …

Il faut bien dire que si cette fête n’existait pas les désargentés, les timides, les moches aux yeux des autres seraient bien tranquilles !

 

La Saint Parfait, que personne ne connait … et oui ! Qui pourrait se dire Parfait(e) … oui j’en sais qui doivent se dire parfait(e), mais en solitaire dans la salle de bain, entre le tube de dentifrice et la lotion pour les cheveux ou entre le tube de mascara et la pâte à blanchir les dents.

Celui qui vous assène « mais si ! Tu connais !  Tout le monde connait … » ou celle qui vous dit  «ah c’est vrai quand tu étais jeune tu as dû être bien, et pourquoi ne te maquilles tu pas plus ? »

Celui à qui on est tenté de dire qu’il ne connait rien à la musique des Grios ou celle à qui on ne répond pas … « je n’aime pas ne pas me reconnaître quand je suis démaquillée et pour ce qui est des rondeurs j’ai entendu dire que ce sont des zones érogènes en plus ! »

Enfin ! Que du superflu !

 

Et si être parfait venait simplement du fait d’exister et de remercier l’absolu pour cela ?

 

En Mars : La fête des femmes ! Mais c’est la fête des femmes tous les jours !  Il n’y a qu’à vérifier.

Comme je ne veux pas être désagréable je regarde juste autour de moi et me demande comment ça peut exister ?

 

 Une quelconque reconnaissance serait-elle possible ?

 

Mais les hommes aussi devraient avoir leur fête parce que beaucoup d’entre eux font des efforts.

Je ne parle pas de ceux qui font des efforts pour ne pas oublier la fête des femmes, mais de ceux qui se lèvent le matin, coûte que coûte pour que leurs enfants aient à manger.

 

Moi j’aimerais bien que ma fête soit tous les jours.

Et elle l’est quand je croise un sourire, un piéton qui lit un livre –un vrai, quand je vois les feuilles des bouleaux poindre, changer de couleur et se balancer au gré du vent. J’aime cette légèreté.

Ma fête c’est quand je vois un enfant courir dans la rue, innocent et content, dans son histoire,  quand j’entends une vieillesse radoter, quand je vois les graines de pissenlits s’envoler comme dans le dictionnaire Larousse.

Il y a peu j’ai vu un jeune homme rentrant chez lui comme s’il retenait son cheval … sans doute dans sa tête ça faisait Pataclop Pataclop il se pensait sans doute seul dans la rue.

 C’était ma fête aussi à ce moment là.

 

Mars et le printemps ; cet éclatement de couleurs intenses et frénétiques.

Cet éclatement frénétique de couleurs intenses,

Cet éclatement intense et frénétique de couleurs...

 

Cette force de vie qui se moque bien de nos états d’âmes.

Cette saison qui remue tant d’énergies, qui nous fait balancer d’un pied sur l’autre, entre l’hiver et l’été, entre les écharpes et les sandales, entre la nuit et le jour.
Cette saison qui fait poindre un sentiment de liberté inconditionnelle, surtout face à la mer.

Mars et l’envie que l’on a de se retirer du bruit pour écouter l’herbe pousser. Elle pousse même la nuit, les germes s’efforcent de sortir. Mars et les jonquilles, les violettes, les jacinthes et les bourgeons naissants.

 

Avril et le poisson. Celui que l’on accrochait au dos de l’instituteur, celui que l’on mange sans savoir le carême, celui des blagues parce qu’un empereur, romain je crois, avait changé la date de début d’année d’Avril au premier Janvier. Les incorrigibles continuaient de se fêter la nouvelle année au premier avril … ils sont fous ces romains comme dirait …

 

Avril et Pâques … dans ma famille protestante, ma nounou communiste (et oui !) nous disait le dimanche d’avant, celui des Rameaux, que les cloches partaient à Rome pour revenir avec des petits cadeaux et des chocolats … C’était très bien. J’étais ravie de cette idée.

Le dimanche de Pâques notre grand-mère décorait la table avec des petites choses jaunes et vertes.

Des petits bonnets pour les œufs à la coque, des petits bouquets de fleurs, nous mangions de l’agneau et cherchions les œufs et les cadeaux dans les plates bandes de la cour.

Je continue dans ma tête de chercher les œufs pour les enfants, mais leurs petits cadeaux sont sous les serviettes de tables et à Rome je n’ai pas vu de cachettes pour les cloches.

 

Allons maintenant regardons dehors – il s’y passe toujours quelque chose !

 

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Début février

 

Janvier est passé sur la pointe des pieds ... sans trop se faire repérer.

Les fêtes avaient un gout doux-amer cette année. L'ambiance n'y était pas, serions-nous devenus moroses, vieillissons nous (oui, je sais nous vieillissons tous) ? Heureusement sous le sapin il y avait des paquets, janvier est passé tout pareil ... hésitant entre la galette et un chocolat chaud.

Le calendrier des gourmands est enfin arrivé à la chandeleur, quand la crêpe sautant fait comme la course du soleil et revient dans la poêle. Parfum de rhum et citron sucre. 

Des projets se dessinent, des promenades également. Un regard se pose quelque part ou ailleurs, quelques mots échangés. Et tout de même la présence des amies, des amis, un café par ici, un cinéma par là en attendant que le printemps se lève et nous attire dehors.

Attendent dans leur plumiers, les stylos et pinceaux, dans leurs boîtes les couleurs en pastilles ou crayons et sur un petit bout de tissu plié quelques aiguilles en mal de fil.

 Pour le moment tout reste calme, comme un hiver prépare l'été;

Il faut attendre encore un peu, patienter, lever le nez vers le ciel et y voir par-delà les nuages, le bleu du ciel qui se cache.

En revenant de la ville tout à l’heure il tombait une espèce de neige fondue, ou pas encore vraiment neige. Quelque chose d’hésitant un peu duveteux, qui s’écrasait sur le pare-brise comme on s’affale dans un fauteuil après une grande route ou entre deux espace d’ennui d’un jour de congé sous la pluie, lorsqu’il a déjà plu la veille et que ce sera pareil le lendemain.

J’écoutais des chansons et chantais à tue-tête ce matin sous le déluge, mais ce soir j’avais changé d’ondes pour de la musique classique et des paroles plus posées.  

 

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2016 - Deux janvier

 

Météo triste mais l'an nouveau est arrivé ... avec son cortège de bonnes résolutions et puis les plus ou moins bonnes ; celles que l'on aimerait bien suivre mais surtout celles qui sont là pour être enfreintes parce qu'enfin une bonne résolution n'est bonne que si elle est enfreinte ... Non ? c'est comme la gourmandise, la curiosité, la frivolité et tout ce qui nous fait vivre ... 

Que cette nouvelle années soit comme les autres, un peu meilleure quand-même mais pour cela il faut aussi que nous y mettions du nôtre ... 

Allez ouste les pleurnichades, jérémiades, engueulades et autres choses tristouilles, gardons le cap des sourires, fous-rires ... (enfin je ne suis pas certaine de l'orthographe au pluriel ; mon époux à qui j'ai demandé m'a répondu d'un ton lugubre et riant ... je ne sais pas je ne ris jamais) gardons donc la gourmandises, les couleurs et toujours toujours sachons faire contre mauvaise fortune bon coeur puisque de toutes façons, on s'en moque, nous on s'aime" comme disait ma tante !

Bonne année 2016 !

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3 novembre

 

J'aime conduire

J'aime beaucoup conduire la nuit.

Je me souviens d'une nuit de pleine lune sur une toute petite route de Normandie. Un jour bien triste. De ceux que l'on ne souhaiterait même pa à son pire ennemi ... quoi que...

De toutes façons les pires ennemis ont également des jours de peine. 

Sur la route j'ai stoppé la voiture, éteint les feux et écouté des nocturnes de Chopin. C'était beau à pleurer, à se rouler dans les herbages et devenir un petit animal qui ne sort que le jour couché. 

Aujourd'hui est encore un jour un peu pénible mais il pleut,

Je viens d'écrire à un ami

... Il pleut 

C'est doux
 
Ce soir je comprends que l'on veuille se mettre en orbite
 
J'aimerais aller me promener au bord de la mer sous cette pluie fine qui ressemble à l'amour
 
On l'entend à peine glisser sur le toit

 

Elle vient tout doucement à l'oreille de celui qui écoute
 
et seulement pour celui qui écoute
 
comme l'amour vient au coeur ouvert
 
et calme
 
et prêt
 
et seulement à ce coeur..."
 
Il me revient également une poésie de Jules Supervielle
"Ecoute, 
 
Ecoute,
Apprendras tu à m'écouter de loin 
Il suffit de pencher le coeur plus que l'oreille
Tu trouveras en toi des ponts et des chemins
pour venir jusqu"à moi qui regarde et qui veille ...
 
 Qu'importe en sa longueur l'Océan Atlantique,
Les champs , les bois, les monts qui sont entre nous deux ?

L'un après l'autre un jour il faudra qu'ils abdiquent
Lorsque de ce côté tu tourneras les yeux"
 
C'est beau non ?

 

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1er Octobre

Il est de ces choses que l’on n’attend pas. Je parle de ces choses douces et légères, celles qui appellent un autre regard, une autre marche, offrant un autre chemin peut-être. De celles qui rendent vivant.

Ce que l’on n’attend pas ;

     Le rayon de soleil sur la poignée de la porte.

Comme s’il fallait sortir et regarder dehors, prendre le jour et la lumière, même les jours tristes.  J’aime à penser que derrière chaque nuage même gris il y a du ciel bleu. C’est tout pareil dans la vie

Comme s’il fallait franchir le seuil, comme si de l’autre côté, dehors nous attendait une fête, un bal, une espace de timidité inconnue, une autre façon d'être nous, comme si de l'autre côté,  dans la chambre malgré le désordre, il fallait regarder autrement, y sentir autrement ; y voir la paix et ressentir le parfum des cheveux sur l’oreiller.

 

          Les gouttes de rosées en guirlandes sur les toiles d’araignées. Je me demande d’ailleurs pourquoi chaque matin la maison est entourée de fils horizontaux, une sorte de pont intangible entre le bois de la maison et les buissons feuillus dehors. Comme des ponts symboliques sur des douves invisibles … comme le passage possible de la nuit au jour … et chaque matin il faut les traverser comme si l’on passait de l’autre côté d’un miroir magique. 

 

          Un cœur dessiné du bout des doigts dans la buée sur une vitre d’auto et le sourire qui l’accompagne ...

 

          Le ciel étoilé, un bain fin septembre, le passage des chauves souris, un vol d’hirondelles en octobre.

Et puis plus tard dans la journée, une image, l’odeur du café, un rire d’enfant, un courrier d’ami, d’amour, une feuille d’érable rougie par l’automne, le couvert mis au retour du soir …

 

Ce que l’on n’attend pas :

ces petites choses simples que l’on oublie de vivre et qui pourtant font notre vie.

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22 septembre

 

C'est l'automne, enfin c'était peut-être hier et pour d'autres c'est peut-être demain. C'est fou tout de même comme tout change. Quand nous étions jeunes c'était le 21. Pas de souci.

Ceci dit aujourd'hui nous avons le temps de saison. Là au moins pas de changement : vent - soleil - pluie - fraicheur - douceur ... il y en a pour tout le monde.

N'empêche que l'automne c'est le moment du repli ... Les moissons sont rentrées, le grain stocké, les confitures faites ou presque toutes ... les fleurs de lavandes sèchent ... Maintenant nous entrons dans la saison confortable des pommes au four, des tartes, crumble et potirons ... et grosses chaussettes.

Une amie a déjà son écharpe - bleu pâle (et son grog ...) . Une autre un vêtement marron glacé, sans nom, sans forme, qui prend la forme de celle qui le porte avec en plus un très joli drapé sur l'épaule si l'on veut. La troisième est en coquille d'oeuf mais pas la coquille blanche, ni ocre, ni ... enfin coquille d'oeuf ou blanc cassé mais cassé légèrement ... Je dirais couleur pierre de Caen au soleil. Une dernière a sorti les tons rouille ...

Chacune à côté de l'autre elles ont fait mon paysage d'automne avec douceur, rires, gentillesse sur fond de ... ciel gris.

Je les en remercie.

 

 

 

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4 septembre

 

C'est comme dans les films ;

Les gens partent - il fait gris

C'est la rentrée - il fait gris

 

Mais c'est comme dans la vie ;

Marée haute deux amies vont se baigner

Marée basses deux amies discutent de gravure sur bois. Les plus savants me reprendraient sans doute pour me dire xylogravure et ils auraient raison.

Mais le coeur a ses raisons que la raison ne connait pas et je préfère parler de bois gravé ;  j'y vois mieux le geste, l'encre étalée et le papier que l'on soulève pour voir apparaitre une image.

Marée basse donc ; un chien joue tout seul avec sa balle.

C'est vendredi. 

Demain ... gâteau d'anniversaire et ça c'est bon ! les enfants grandissent - nous vieillissons et c'est agréable aussi. 

Moins d'illusions, plus de cheveux blancs et toujours autant de surprises. 

J'aime ça

 

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20 Aout

Je viens de mettre la citation suivante de Thomas Edison dans l'onglet Citations (forcément me direz-vous)

"Pour créer, il suffit d'avoir une grande imagination et une pile de vieilleries"

Thomas Edison ...

c'est ce que nous devrions répondre aux injonctions froides de certain(e)s au vu du désordre savamment orchestré de nos bureaux de collage, écriture, couture et autres activités de nos cerveaux en ébulition. 

D'aucuns me diraient sans doute que bouillonner ne veut pas dire Absence de rangement ... Mais si !

Il faut que les ondes circulent. Et si tout est rangé il n'y a pas de circulation.

Certes c'est plus agréable au regard mais ça finit par faire mal à la tête ... de celui qui ne peut trouver son alter égo à cette jolie couleur pour un collage ou le bout de tissu manquant pour un petit cadeau.

Personnellement il me faut de l'escorte, de la "matière" pourrait-on dire pour que mes idées se concrétisent parfois indépendamment de moi d'ailleurs ...

Place à l'imagination en ce jour de pluie diluvienne ! et que les autres ne se fassent pas mal en nous regardant VIVRE !

 

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Mardi 11 août

Bonheur du matin malgré le ciel nuageux et orageux ...

Un bain sous la pluie.

Depuis quelques temps nous voyons un phoque venir se baigner avec les estivants. Joie pour les grands comme les petits. Mais ce phoque ne doit pas aimer se faire rincer à l'eau douce alors ce matin j'étais seule dans l'eau. 

J'ai donc appris ce que veux dire nager entre deux eaux - Celle de la mer et celle du ciel.

Celle du ciel ne semble pas aimer le sel. Les gouttes tombaient, faisaient un cercle ... un mandala naturel et hop rebondissait rapidement pour retourner vers le ciel. Effort vain. 

Dans le nord on dit pleuvoir à cloquette. Pleuvoir en clochettes serait joli aussi. Enfin, quand il pleut à cloquettes, c'est qu'il va pleuvoir le lendemain. La pluie retourne vers le ciel et retombe le lendemain.

Il pleuvra donc demain. Matin peut-être - et j'ai donc un petit bonheur garanti.

 

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Vendredi 7 août 2015

Le vendredi c'est le marché à Caen. D'autres jours aussi, mais je n'y vais pas les autres jours.

Pour moi un marché c'est tout plein de couleurs, de parfums, de regards, de discussions ou de petits mots gentils. 

Ce matin c'est un marchand de primeurs qui demandait à une dame âgée ... c'est quoi votre petit nom ? Je me suis retournée et me suis demandée comment imaginer qu'elle ait un grand nom ? Une petite vieille dame, toute petite ... elle aurait pu s'appeler Louise, Jeanne ou Maud. Un prénom tout court pour un petit personnage de la vie de tous les jours.

Ben non ! Elle s'appelait Marie-Clémentine et achetait de prunes. Peut-être qu'en hiver elle se prénomme Marie-Prune et achète des clémentines. 

Il faudra que je la guète ...

L'hiver le marché est illuminé par les loupiotes de couleur ... on dirait des banderolles de 14 julllet ou des guirlandes de Noël ...

Je la retrouverai ...

 

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Lundi 3 août 2015

Catherine aura un an de plus demain ... 44 + 1 = un petit cadeau dans sa boîte aux lettres.

Jacques a eu 78 ans il y a peu - la carte est arrivée trop tard.

Magali aura 51 ans le 17 = je ne sais pas encore ...

Août aura un jour de plus demain.

Bon anniversaire à tous. 

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jeudi 23 juillet 2015

Météo maussade

Les moissons de colza débutent. Les paysages passent du vert de printemps 

au brun de la terre. Un camieux de couleurs douces

La mer était parfaite : vagues - algues et température idéale.

Quelques cerfs volant dans le ciel normand et des patés de sables qui sècheront pendant la nuit

RAS tout va bien

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mardi 21 juillet 2015

Pas d'anniversaire à souhaiter

Pas de soleil

Des tracteurs aux portes de Caen

Les congés avancent - Certains ont pris la route

Ce soir je quitte la France et l'étranger et je pars lire au fond du jardin